Deuil et rupture : comment la kinésiologie accompagne les grandes pertes
Par Emilie Peters-Jan, kinésiologue à Vannes, publié le 2026-05-04
Le deuil et la rupture s'inscrivent dans le corps. Je vous explique comment la kinésiologie peut vous accompagner à chaque étape de ces grandes pertes.
Quand le corps porte la mémoire des pertes
Dans mon cabinet à Vannes, je reçois régulièrement des personnes qui traversent un deuil ou une rupture. Ce qui me frappe à chaque fois, c'est combien le corps garde la trace de ces pertes. Une gorge nouée depuis des mois, un thorax lourd qui empêche de respirer à fond, une fatigue inexplicable qui ne passe pas malgré le repos. Certains patients me disent qu'ils n'arrivent plus à pleurer alors qu'ils en sentiraient le besoin. D'autres, au contraire, sont submergés par des vagues d'émotions qui surgissent sans prévenir, parfois des mois après la perte.
Ce que j'observe en séance, c'est que le deuil ne se vit pas que dans la tête. Il s'inscrit dans les tissus, dans la respiration, dans la posture. Beaucoup de personnes perdent leur élan vital, comme si le corps lui-même avait besoin de faire une pause. La kinésiologie permet de reconnaître ces manifestations physiques et de travailler avec elles, sans forcer, sans précipiter le processus. Le deuil a son propre rythme, et mon rôle consiste à accompagner ce mouvement pour éviter que la personne reste figée dans une étape.
Les cinq phases du deuil : un chemin pas toujours linéaire
On parle souvent des cinq phases du deuil : le choc et le déni, la colère, le marchandage, la tristesse profonde, puis l'acceptation. Dans ma pratique, je constate que ces étapes ne se déroulent pas forcément dans cet ordre. Certaines personnes oscillent entre la colère et la tristesse pendant des semaines. D'autres restent bloquées dans le déni sans même s'en rendre compte.
La kinésiologie peut intervenir à chaque étape pour identifier ce qui se joue vraiment. Grâce au test musculaire, je peux repérer les émotions qui restent coincées : une colère qui n'a jamais pu s'exprimer, une culpabilité tenace, des regrets qui tournent en boucle, ou encore une peur profonde de l'abandon réactivée par la perte. Ces émotions non digérées créent des blocages énergétiques qui empêchent la personne d'avancer. Mon travail consiste à les mettre en lumière et à permettre au corps de les libérer progressivement.
Le lien entre deuil et méridiens énergétiques
En médecine traditionnelle chinoise, certains méridiens sont particulièrement associés au deuil et à la tristesse. Le méridien du poumon, par exemple, est directement lié à ces émotions. Quand je teste ce méridien en séance, je trouve souvent des déséquilibres chez les personnes endeuillées. Cela se manifeste parfois par des soupirs involontaires, une oppression thoracique, ou une respiration superficielle.
Le méridien du cœur est également impliqué, surtout dans les ruptures affectives. Le chagrin d'amour ne se loge pas que dans les pensées, il affecte la circulation énergétique autour du cœur. Certains patients me parlent d'une sensation physique de cœur brisé, comme si quelque chose s'était vraiment cassé à l'intérieur. Rééquilibrer ces méridiens permet de soulager ces sensations et de retrouver une respiration plus libre. Ce n'est pas magique, mais c'est souvent un premier pas vers un allègement.
Les techniques que j'utilise en séance
Pour accompagner le deuil ou une rupture, j'ai recours à plusieurs outils complémentaires. Je travaille sur des points énergétiques précis, sans aiguilles, simplement par pression ou tapotements. Ces points permettent de dénouer les tensions accumulées dans le corps et de relancer la circulation énergétique.
J'utilise aussi des mouvements oculaires inspirés de l'EMDR, qui aident à retraiter les souvenirs douloureux. Ces mouvements permettent au cerveau de digérer l'information émotionnelle autrement, sans rester coincé dans la boucle du souvenir traumatique. La respiration joue également un rôle central. Je propose des exercices simples pour réapprendre à respirer avec le ventre, ce qui calme le système nerveux et aide à sortir de l'état de sidération.
Parfois, selon ce que le corps exprime, je guide des visualisations douces pour permettre à la personne de se reconnecter à ses ressources intérieures. Il ne s'agit jamais de fuir la douleur, mais de trouver des appuis pour la traverser sans se laisser submerger.
Combien de séances pour ressentir un changement
Beaucoup de patients me demandent combien de temps cela va prendre. La réponse dépend de chaque parcours, de la nature de la perte, du temps écoulé depuis l'événement. Ce que je peux dire, c'est qu'un allègement se fait souvent sentir dès la première séance. Les personnes repartent avec une respiration plus ample, une sensation de poids en moins sur la poitrine, ou simplement l'impression d'avoir pu poser quelque chose qui était resté coincé.
Pour un travail en profondeur, je recommande généralement un suivi de deux à cinq séances. Cela permet de ne pas tout traiter d'un coup, de respecter le rythme du corps, et de laisser les intégrations se faire entre les séances. Certaines personnes ont besoin de revenir ponctuellement, à des moments anniversaires ou quand une nouvelle vague de tristesse surgit. Je précise toujours que la kinésiologie s'inscrit en complément d'un suivi médical ou psychologique, surtout si la personne traverse une période de grande vulnérabilité.
Accompagner sans précipiter le processus
Ce qui me tient à cœur dans cet accompagnement, c'est de ne jamais forcer le rythme. Le deuil a ses propres étapes, et vouloir accélérer le processus peut créer des refoulements encore plus profonds. Mon rôle consiste à offrir un espace sécurisé où la personne peut exprimer ce qu'elle ressent, sans jugement, sans injonction à aller mieux rapidement. Certains jours, il faut juste pouvoir pleurer. D'autres jours, il devient possible de regarder la perte autrement, de reconnaître ce qui a été vécu, et de commencer à envisager la suite.
Dans le Morbihan, je travaille avec des patients de tous horizons, et chaque histoire de perte est unique. Ce qui les réunit, c'est ce besoin d'être accompagné dans la traversée, pas seulement consolé ou distrait. La kinésiologie permet ce type d'accompagnement : elle reconnaît la douleur, elle aide le corps à la digérer, et elle ouvre des chemins pour que la vie puisse reprendre son cours, à son rythme.
Questions fréquentes
La kinésiologie peut-elle aider si le deuil date de plusieurs années ?
Oui, tout à fait. Je rencontre parfois des personnes qui portent un deuil ancien, parfois resté figé depuis des années. Le corps garde la mémoire de ces pertes, même longtemps après. Le test musculaire me permet de repérer ces mémoires enfouies et de travailler dessus. Il n'est jamais trop tard pour libérer ce qui est resté bloqué.
Est-ce que je vais forcément pleurer en séance ?
Pas nécessairement. Certaines personnes pleurent, d'autres pas du tout. Chacun exprime ses émotions différemment, et je n'impose aucune manière de faire. Ce qui compte, c'est que le corps puisse évacuer ce qui a besoin de l'être, que ce soit par les larmes, par un soupir profond, ou par un simple relâchement physique.
Comment savoir si je suis bloqué dans une étape du deuil ?
Certains signes peuvent vous alerter : une fatigue chronique qui ne passe pas, des pensées qui tournent en boucle, une incapacité à ressentir de la joie, ou au contraire une agitation permanente pour éviter de penser. En séance, le test musculaire m'aide à identifier ces blocages avec précision et à voir où le corps a besoin d'un soutien.
La kinésiologie remplace-t-elle un suivi psychologique ?
Non, ce sont deux approches complémentaires. La kinésiologie travaille sur les manifestations physiques et énergétiques du deuil, tandis qu'un accompagnement psychologique permet d'explorer le sens de la perte et de mettre des mots sur ce qui se vit. Les deux peuvent se conjuguer efficacement, surtout dans les deuils complexes.
Combien de temps après une perte peut-on commencer la kinésiologie ?
Il n'y a pas de délai imposé. Certaines personnes viennent très vite après la perte, d'autres attendent plusieurs mois. Tout dépend de ce que vous ressentez et de votre besoin d'être accompagné. L'important, c'est que vous vous sentiez prêt à faire ce pas, sans vous forcer.
Mon médecin peut-il suivre mon accompagnement en kinésiologie ?
Oui, je peux tout à fait échanger avec votre médecin ou votre psychologue si vous le souhaitez. Mon travail s'inscrit dans une démarche globale de soin, et la coordination entre professionnels peut être très bénéfique, surtout si vous traversez une période difficile. Je reste toujours à l'écoute pour adapter mon accompagnement à votre situation.
Vous accompagner dans cette traversée
Si vous traversez un deuil ou une rupture et que vous sentez que votre corps a besoin d'un soutien, je serais heureuse de vous recevoir au cabinet. Ensemble, nous pourrons travailler à libérer ce qui pèse et à retrouver votre élan, à votre rythme.